Formation à l’animation d’Atelier d’Accompagnement Sociobiographique

La démarche  histoires de vie dans l’accompagnement des  personnes en souffrance.

De l’histoire personnelle au projet d’insertion sociale et professionnelle.

 Objectifs de la formation :

Les travaux de recherche sur les thérapies narratives ont montré que le travail de l’histoire de vie permet à l’individu de se reconnecter à son histoire, aux moments fondateurs de sa vie et que cette pratique accélère de manière spectaculaire son processus de re-socialisation.

L’accompagnement sociobiographique s’est construit dans une triple filiation : celle de la philosophie humaniste et existentialiste (Sartre), de la sociologie clinique (Vincent de Gaulejac) et du courant des histoires de vie en formation (Gaston Pineau). Il rencontre aujourd’hui l’addictologie, à partir des travaux de Pierre Fouquet (psychothérapie éducative) qui, dans une lettre aux alcooliques (1991) écrivait : « aujourd’hui, le problème de l’alcool n’est plus qu’un des éléments permettant de parler de la mise en échec de votre personnalité. Car c‘est bien d’elle et non de l’alcool dont il s’agit ici. Une fracture, une maladie ordinaire, peuvent rester comme extérieures à vous-même. Mais, dans votre cas, la structure même de votre vie doit être mise en question ».

Conçu dans le champ de l’Accompagnement Professionnel Personnalisé, l’accompagnement biographique est une démarche d’exploration de la « structure » même de la personne : fondations, valeurs, permissions, interdits, peurs, croyances auto-limitantes, honte, etc. Exploration accompagnée (co-construction du sens) et structurée par des outils : le schéma sociobiographique, le dessin réflexif, la galerie des portraits. Il s’agit de donner à l’individu, à l’intérieur d’un dispositif construit et sécurisant, la possibilité d’explorer les moments et situations significatives de sa vie en relation avec son projet d’évolution et/ou de reconstruction.

Dans l’accompagnement sociobiographique, on considère la personne en souffrance à un moment de sa vie, en situation[1], au cœur d’une épreuve dont l’issue dépend de sa capacité à trouver ou retrouver du sens, du désir de vivre et de s’investir[2], en s’inscrivant dans un projet de vie en relation avec des autres : sujet au sein de la cité.

La méthode régressive/progressive mise en œuvre dans l’accompagnement sociobiographique est l’occasion d’une relecture existentielle de son histoire et favorise un va-et-vient identitaire entre passé, présent et projet. Cheminement parsemé de trous, d’impasses identitaires et parfois de fausses pistes, mais combat permanent entre l’imaginaire moteur, qui pousse la personne en souffrance vers le projet de vivre autrement, et un imaginaire leurrant comblé par son addiction.

L’objectif de la formation est de permettre à chaque participant de s’approprier notre méthode de l’accompagnement sociobiographique en travaillant personnellement son récit ou histoire de vie de façon à pouvoir, par la suite, mettre en œuvre cette démarche dans son domaine professionnel : accompagnement thérapeutique en milieu hospitalier (atelier thérapeutique en addictologie, cancer, traumatisme corporel, handicap physique) travail social ou associatif.

Les participants à la formation sont donc invités à travailler à partir de leur propre histoire dans une triple perspective :

1°) la découverte de la méthode, de ses références théoriques et de ses outils,

2°) l’expérience directe de la connaissance de soi et de l’altérité,

3°) la transposition vers l’un des domaines professionnels indiqué ci-dessus.

A la fois acteurs et sujets de l’atelier, les participants réaliseront un travail tour à tour personnel et collectif, développeront une écoute complexe de la personne allant des dimensions psychologiques aux dimensions sociales et historiques, dans une série d’aller-retour entre histoire individuelle et histoire collective.

Méthodologie :

A partir de divers déclencheurs chacun sera invité à identifier des moments de vie et des situations significatives écrire des textes ou à représenter sous forme de dessin (selon la méthode du dessin réflexif – Jaillon/Molinié) des périodes clefs de sa vie : moments de transition, de mobilités (sociales et professionnelles), de ruptures, crises, conflits, événements importants, rencontres, découverte d’autres milieux (sociaux et culturels), voyages, expériences interculturelles, etc. Ces récits, dessins réflexifs, représentations graphiques, seront partagés et explorés au sein de l’atelier. Le travail en groupe sur les récits individuels favorisera une co-construction de sens pour la personne elle-même à partir des questions telles que : d’ou je viens ? comment je me suis construit ? quel est l’épreuve que je traverse ? quel est mon projet.

 

 Animation :

La formation est animée par deux praticiens expérimentés. Ils conduisent le travail personnel en groupe afin que chacun identifie en toute sécurité et dans un cadre déontologique clarifié, les moments et situations significatives de sa vie en relation avec ses objectifs d’évolution personnelle et professionnelle.

Le nombre de participants est limité de façon à ce que chaque participant à l’atelier fasse l’expérience de la démarche pour son propre compte, expérimente les supports méthodologiques proposés et envisage les transpositions possibles.

 Publics :

La formation s’adresse aux professionnels de l’accompagnement et de la relation:

– professionnels du soin et de la relation thérapeutique : psychologues, infirmiers, psychothérapeutes, coachs et aux acteurs impliqués dans le changement social.

– travailleurs sociaux, éducateurs, assistants sociaux,

 Pré-requis :

Professionnels développant un intérêt pour les histoires de vie.

Professionnels de l’accompagnement acceptant de vivre l’éprouvé du travail sur les récits de vie par un travail d’implication.

Durée :

– 4 jours (3 jours consécutif + 1 journée de supervision)

[1] Pour Sartre le terme situation est à concevoir comme le moment de totalisation du passé, du présent et du projet de l’individu : « L’histoire de vie est reconstruction d’un passé en projet, mise en projet d’une vie. Chaque événement, chaque personnage, chaque parole prononcée y trouve sa fonction et son sens selon la place qu’il prend dans la connexion du projet d’ensemble et des projets particuliers qui la poussent vers sa fin ». Sartre, 1938, La Nausée.

 

[2] Capacité à aimer et travailler dont parle Freud pour définir la normalité dans nos sociétés.

 

Demande d’informations: dominique.jaillon@wanadoo.fr ou Cliquer Ici

Restez connecté !